202 emplois sont menacés dans deux filiales de Quelle, à Ormes et Saran. La quasi totalité de ces salariés est en grève depuis hier. Mais d'autres secteurs sont aussi dans la protestation. Tour d'horizon.
Le moins que l'on puisse dire est que la semaine en cours aura été une semaine agitée sur le plan social. Influence des élections ou pas, les appels à la grève nationaux pleuvent, entraînant avec eux leur lot de manifestations, fermetures d'établissements, réduction de l'offre de service...
Après les maîtres nageurs sauveteurs mercredi, c'était au tour du personnel des crèches de se mettre en grève jeudi. La grogne montait aussi chez les médecins, les kinésithérapeutes, les infirmières anesthésistes, les agents de la direction générale des finances publiques... Sans oublier les luttes, toujours en cours, des travailleurs sans papier, des permanenciers du samu, des employés de Thales... Et de Quelle-La Source.
Mercredi matin, près de 90 % des 227 salariés de la filiale de Quelle, Deret eQLS, spécialisée dans la logistique et basée dans les locaux de la société Deret, à Ormes, ont entamé une grève illimitée, selon les syndicats. Non loin de là, à Saran, dans les anciens locaux de Quelle, les 89 salariées de la filiale GBS+QLS, en charge de la relation clientèle, ont, elles aussi, cessé totalement le travail, après une semaine de grève du zèle. « Mercredi, nous avons appris que 113 personnes allaient être licenciées chez Deret eQLS », indique Hervé Sevestre, délégué syndical CFDT. « Le projet de plan social sera présenté au comité d'entreprise (CE) le 19 mars, une deuxième réunion du CE est prévue le 26. Les premières lettres partiront dans la foulée », poursuit-il.
Une période d'observation suivra, du 27 mars au 27 mai, durant laquelle le repreneur de la filiale, vraisemblablement Deret Logistique, décidera du nombre de salariés qu'il conserve.
Au-delà du plan social, c'est aussi ce calendrier ultra serré, qui révolte les représentants syndicaux (CFDT et CGT). Ces derniers souhaitent commencer les négociations dès maintenant. « Pour nous, il s'agit d'une véritable mise à mort de l'entreprise. On s'achemine vers une liquidation de la filiale en mai », affirment-ils.
Manifestation vendredi
C'est aussi contre un plan social que protestent les 89 salariées de la filiale GBS+QLS, à Saran. « À ce jour, nous n'avons pas d'avenir ! », lance Laurence Rio, déléguée syndicale CFDT. « On nous annonce que le plan social doit être fini le 31 mars. Mais, étant donné que nous n'avons pas de repreneur sérieux, les 89 emplois pourraient être concernés », explique-t-elle. Mercredi, la direction de Deret n'a souhaité faire aucun commentaire, les dirigeants de GBS+QLS et de Quelle-La Source sont quant à eux restés injoignables. Une action d'ampleur est prévue ce vendredi, dans la matinée, jour où le tribunal de commerce d'Orléans doit se prononcer sur les repreneurs potentiels de l'entreprise de vente par correspondance, en redressement judiciaire depuis l'été dernier. Les salariés des trois entités (Deret eQLS, GBS+QLS et Quelle-La Source) manifesteront dans les rues d'Orléans, accompagnés de plus d'une centaine de leurs collègues de Tourcoing (Nord), spécialement venus pour l'occasion. Et ils promettent de faire du bruit...
D'autres secteurs en ébullition
Dans les blocs opératoires
Les infirmiers anesthésistes sont appelés à faire grève aujourd'hui contre « la dévalorisation » de leur métier. « Nous sommes ceux qui ont vu leur statut le moins bien revalorisé dans le cadre du protocole d'accord signé par la ministre de la Santé le 2 février », explique Sylvain Chabin, infirmier anesthésiste au centre hospitalier régional d'Orléans (CHRO). Est revendiquée une revalorisation statutaire et salariale « proportionnelle » à la durée des études et aux responsabilités exercées supérieures à celles des autres catégories d'infirmiers. « Fait exceptionnel », 100 % des trente-quatre infirmiers anesthésistes du CHRO seront en grève. L'activité des blocs opératoires sera toutefois en partie maintenue, puisque la direction a assigné au travail neuf d'entre eux. « Trois fois plus qu'un dimanche », grognent les grévistes. À ce sujet, le syndicat SUD n'exclut pas un recours au tribunal administratif contre la direction pour assignation abusive. « Depuis juin, la direction impose 60 % d'activité les jours de grève du personnel. Il n'y a jamais eu d'incident ou de préjudice causé à un patient un jour de grève au CHRO. La direction veut limiter le droit de grève pour maintenir une activité maximum comme une entreprise », dénonce Jean Carré. Contactée, la direction du CHRO n'a pas fait connaître sa position.
Dans les cabinets des kinés
Le Syndicat des kinés du Loiret relaie les revendications contre la mise en place par la Sécu de « référentiels » prédéterminant le nombre de séances de kinésithérapie auxquelles a le droit un patient. Pas de grève ou manifestation prévue toutefois dans le Loiret.
À la direction générale des finances publiques (impôts et comptabilité publique)
SNUI, FO et CGT promettaient « un accueil revendicatif » à leur patron, Philippe Parini, attendu hier matin au théâtre d'Orléans pour « un grand raout ». « Les agents croulent sous le poids des réformes régressives et des restructurations, des aménagements immobiliers inconséquents, du manque de moyens humains », dénoncent les syndicats.
Dans les collèges et lycées
Huit syndicats appellent à la grève vendredi. Deux manifestations sont organisées à 11 heures : l'une à Montargis, devant la sous-préfecture, l'autre à Orléans, de l'inspection académique au rectorat.
Dans les transports urbains et le ramassage des ordures
Des appels à la grève ont été lancés pour demain dans ces deux secteurs au niveau national. Sans actions annoncées à ce jour dans le Loiret.
Les médecins généralistes ont fermé leurs cabinets
Leur message ? « Une journée sans votre médecin, c'est ennuyeux. Un avenir sans médecine de proximité, c'est dramatique. » Jeudi, quatre syndicats de médecins généralistes ont appelé les praticiens à fermer leur cabinet.
Déjà, depuis le 1er mars, les médecins sont invités à brancher leur répondeur dès 19 heures. Et « lundi, c'était journée sans télétransmission des feuilles de soins à la Sécu comme un avertissement », rappelle le Dr Foucher qui brosse une situation « très préoccupante ».
Au premier rang des revendications, « le respect de la médecine générale, reconnuehttp://www.larep.com/mds/crop/uploaded/quelle.jpg et valorisée à la hauteur des autres spécialités médicales » via l'accès à la nomenclature des spécialistes et la revalorisation du prix de leur consultation de 22 à 23 €.