Les femmes ont la mémoire courte...
... pour les recommandations sanitaires. Et l'INRA le prouve.
Les recommandations sanitaires n'influencent que de façon limitée les consommateurs, selon une enquête réalisée par l'Inra.
En étudiant des groupes de ménages pendant cinq mois en 2005, l'Inra a constaté à moyen terme "une faible mémorisation et un faible impact de l'information" des sujets.
Au contraire, les valeurs positives qui peuvent être associées à ces aliments restent plus en mémoire que les recommandations.
Pour arriver à cette conclusion, l'Inra a observé le comportement de ménages qui avaient été informés de la nécessité de "limiter la consommation de poisson à deux fois par semaine pour la population à risque", à savoir les femmes souhaitant avoir un enfant, les femmes enceintes ou qui allaitent et les jeunes enfants.
Ces catégories de personnes étaient également informées que certains types de poissons, comme le thon frais, leur était interdit.
Après cinq mois d'expérimentation, la première constatation de l'Inra a été que seules 34% des femmes concernées n'ont pas dépassé les deux consommations hebdomadaires de poisson autorisées. De même, 50% d'entre elles se souviennent que le thon frais fait partie des poissons dont la consommation doit être limitée, et 10% seulement se rappellent qu'elles ne doivent pas en consommer du tout.
Les documents distribués aux ménages décrivaient les risques liés au méthyle-mercure présent dans certains poissons. Toutefois, un mois après le début de l'enquête, une femme sur deux considérait que le mercure "présente de forts risques pour leur santé", un résultat tombant à 39% trois mois après.
En revanche, les valeurs positives liées au poisson persistent. "Lorsque les femmes sont informées des effets négatifs de la consommation de poisson sur la santé, elles ont tendance à sous-estimer les risques" remarque l'Inra. Un comportement dû aux différentes campagnes nutritionnelles diffusées en France.
Pour remédier à ces problèmes de communication, la solution pourrait être "un étiquetage sur l'emballage des espèces les plus contaminées" ajoute l'Inra dans un communiqué. La mention du type "ce produit n'est pas conseillé pour les femmes enceintes et les jeunes enfants" pourrait éviter les oublis des consommateurs.
L'enquête de l'Inra a été réalisée auprès de 201 ménages représentant 803 individus, pendant cinq mois en 2005. Les ménages devaient consigner leur consommation de poisson, quantité et espèce, tout le long de l'expérience.
Site :
www.inra.fr