Charlotte Marie, Jeanne d'Arc 2010, illégitime aux yeux de règlement
Publié le 02 mars 2010 - 15:38
À L'HÔTEL GROSLOT. Charlotte Marie, 17 ans, ne supposait pas que sa nomination comme Jeanne 2010 pourrait prendre une tournure politique liée aux engagements de sa maman, conseillère municipale UMP à Olivet. (Photo : Pascal Proust)
Un couac dans le casting ! Alors que les statuts de l'association historique interdisent aux filles d'élus de prétendre au titre, la maman de la Jeanne 2010 est conseillère municipale et encartée UMP à Olivet.
Un brin de nouveauté, un rien de retour à la tradition, mais aussi et surtout un léger parfum de polémique. Présentée début février sous les lambris dorés de l'hôtel Groslot comme étant la Jeanne d'Arc 2010, Charlotte Marie, 17 ans, anime déjà bien des conversations. Et cela va très au-delà du fait qu'elle soit appelée à figurer la Pucelle pour les 501es fêtes johanniques.
Nouveauté car, pour la première fois, celle qui figure la Libératrice d'Orléans ne sera pas Orléanaise. Mais domiciliée à Olivet ! Et c'est là que le bât blesse, car Carole Marie, 44 ans, la maman de la Jeanne 2010, est conseillère municipale olivetaine (UMP) depuis 2008, sur la liste d'Hugues Saury.
« Nous l'aurions su, elle n'aurait pas été élue »
Or, les statuts de l'association historique stipulent que les enfants d'élus ne peuvent prétendre au titre suprême. Par souci d'équité. Interrogée hier soir sur le dysfonctionnement relevé par La Rep', Marie-Christine Chantegrelet, présidente, tombe à la renverse : « C'est vous qui m'apprenez que sa maman est élue. Nous l'aurions su vendredi, quand notre comité s'est réuni, Charlotte n'aurait pas été élue. C'est rédhibitoire », explique la présidente, qui souligne l'effet pervers de l'esprit d'ouverture : « Nous avons souhaité ne pas se limiter à Orléans pour le lieu de résidence, étant entendu que la jeune fille se doit d'être née à Orléans, baptisée, âgée de 16 ou 17 ans, et inscrite dans un établissement scolaire orléanais, ce qui est le cas pour Charlotte. Mais si nous connaissions bien tous les élus orléanais, ce n'est plus vrai à l'échelle de l'agglomération. L'an prochain, dans le questionnaire remis aux postulantes, nous ajouterons une mention sur le sujet. »
Alors, au vu de cette « entorse », faut-il réclamer la tête de Jeanne ?
Marie-Christine Chantegrelet n'hésite pas un instant : « On ne va pas la destituer aujourd'hui. C'est inconcevable. Ce ne serait pas humain, pas chrétien. Il n'est pas question de faire marche arrière. » Et, le soir de la présentation, personne ne souhaitait que Charlotte Marie renonce à son armure.
La journée avait pourtant bien commencé, avec un retour à la tradition, dans la mesure où Charlotte Marie est issue d'un établissement scolaire public, en l'occurrence le lycée Charles-Péguy, ce qui permet cette fois l'alternance entre enseignements public et privé. Tel n'était plus le cas depuis plusieurs années puisque, de l'aveu même de Marie-Christine Chantegrelet, présidente de l'association Orléans-Jeanne d'Arc, « il faut remonter à 2003 pour trouver une Jeanne issue de l'enseignement public ».
Philippe Ramond