Michel Chevalet tourne un DVD au musée des transports de Pithiviers
Publié le 08 août 2008 - 00:18
Pour illustrer ses propos, Michel Chevalet a filmé le petit-train et interviewé des anciens voyageurs de la ligne de tramway qui reliait, au siècle dernier, Pithiviers à Toury.
Le journaliste scientifique a passé la journée de samedi dernier au musée des transports pour y réaliser un reportage qui s'intégrera dans un numéro d'une série consacrée aux chemins de fer, distribuée par les éditions Atlas.
Journée particulière pour le musée des transports de Pithiviers, samedi dernier.
Ce jour marquait les premières mises en route de la saison des locomotives à vapeur...
Surtout deux visiteurs pas comme les autres ont été accueillis. Michel Chevalet, journaliste scientifique connu pour avoir vulgarisé la science au petit écran, et Bruno Caron, son cameraman, sont venus tourner un documentaire pour un numéro d'une série consacrée aux trains et commercialisée par les éditions Atlas. Chaque quinzaine, un DVD et son fascicule sont vendus chez les marchands de journaux.
« Notre démarche est de retracer l'histoire du chemin de fer mais aussi de rendre hommage à toutes celles et ceux qui ont sauvé le patrimoine ferroviaire », explique Michel Chevalet. Sur ce dernier point, le musée des transports de Pithiviers, entièrement tenu par des bénévoles, en est l'illustration parfaite. L'homme de télé, célèbre pour sa formule « Comment ça marche ? », avait découvert les lieux du temps où il travaillait à TF1.
Il avait réalisé un reportage sur le musée qui avait été diffusé dans un des journaux du week-end de la première chaîne. Lorsqu'il s'est mis à préparer le numéro 47 de la série « La passion du rail » qui en comporte 60 au total (lire par ailleurs), consacré au portrait de quatre passionnés de train, Michel Chevalet a contacté Alain Élambert, le président de l'association du musée des transports de Pithiviers. « Cela devait se faire l'année dernière puis le projet a été reporté », raconte ce dernier.
La journée durant, Michel Chevalet et Bruno Caron ont filmé la dizaine de modèles - « classés monuments historiques », insiste Alain Élambert - entreposée au musée. Point de départ pour aborder le premier réseau ferré agricole mis en service en France qui, inauguré en 1892, reliait Pithiviers à Toury. Il sera le dernier à fermer, en 1964, avant d'être repris deux ans plus tard par des amateurs qui transformeront une partie de la ligne en transport touristique. Celle que connaissent les Pithivériens aujourd'hui.
Sortie du DVD fin septembre, début octobre
Pour alimenter son sujet de « matière humaine », Michel Chevalet a interviewé des localiers qui se souvenaient avoir emprunté la ligne alors que le transport passager était encore possible. Et bien sûr, le journaliste a dressé un portrait d'Alain Élambert.
« Il s'écoule en général deux mois entre le moment où on tourne et celui où le DVD est mis en vente », annonce Michel Chevalet. Le numéro mettant en lumière Alain Élambert et le musée des transports de Pithiviers devrait être disponible fin septembre, début octobre. « On est toujours content lorsqu'on parle de nous. Et là je ne parle pas seulement de moi mais de tous les bénévoles de l'association. Cela nous permet de nous constituer nos archives à nous », commente M. Élambert.
Un bénévole de l'association présent samedi se réjouissait de la rencontre avec Michel Chevalet qu'il définit comme quelqu'un de simple et d'accessible. « C'est amusant de voir un homme qui a autant bourlingué et qui en a vu des choses s'émerveiller devant nos locomotives », déclarait-il. La construction sommaire d'une Decauville 020 du siècle dernier laissait pantois le journaliste scientifique. « Et ça marche ! », répétait-il. Si l'expérience forge le caractère, certains hommes conservent leur âme d'enfant.
La plus grande collection d'images ferroviaires au monde
Après le succès rencontré par la collection de Michel Chevalet « La conquête de l'espace » distribuée par Universal, les éditions Atlas ont souhaité, à leur tour, collaborer avec le journaliste scientifique. Mais quand celui-ci propose les trains comme sujet, les dirigeants d'Atlas se montrent guère enthousiastes.
Seuls quatre DVD avec fascicule de présentation, vendus dans les maisons de la presse, sont commandés. Le projet se monte avec le centre audiovisuel de la SNCF. Michel Chevalet a eu du flair. Les stocks s'écoulent si bien que deux autres numéros, commercialisés l'été dernier, sont mis sur pied. Là encore, les acheteurs se les arrachent.
Chez Atlas, on se décide donc à programmer une série complète de 60 numéros, tirés chacun à 40.000 exemplaires. Ce qui fait de « La passion du rail » la plus grande collection d'images ferroviaires au monde. L'éditeur se frotte les mains, les ventes sont excellentes.
Vincent Pichard