Un nouveau signe de vie
Publié le 03 juillet 2009 - 09:17
Il y a un an, jour pour jour, l’annonce de la libération d’Ingrid Betancourt s’étalait à la «une» de tous les journaux. La joie et l’émotion étaient à la mesure d’une attente de six années. Et la presse unanime saluait le succès d’une mobilisation exemplaire, en oubliant de se poser des questions. Elle n’avait d’yeux émerveillés que pour une icône au visage si lisse qu’ilne laissait rien deviner du calvaire enduré par la franco-colombienne. Un an plus tard, qu’en est-il du «mythe» Ingrid Betancourt? L’ex-otage a progressivement disparu du paysage médiatique. L’image de madone, sans doute trop lourde à porter, s’est écornée. Le mysticisme d’Ingrid Betancourt, ses caprices, son gôut du luxe, les témoignages à charge de ses compagnons de captivité, ont fini par irriter et semer le doute. Alors, depuis des mois, Ingrid Betancourt, autour de qui on avait fait tant de tapage, a paradoxalement cherché à se faire oublier, dans un silence devenu salvateur. Il a fallu le premier anniversaire de sa libération pour qu’Ingrid Betancourt donne de nouveau... signe de vie. Dans une lettre publiée hier, la franco-colombienne dit sa reconnaissance envers ceux qui l’ont aidée à se reconstruire et à reconstruire sa vie de famille. Elle en appelle aussi à aller «au-delà du possible» pour les otages encore détenus par les Farc. Sans nul doute, Ingrid Betancourt éprouve-t-elle, un an après, le besoin de se libérer totalement et de retrouver la confiance aimante de l’opinion. Après les épreuves endurées, reconnaissons-lui ce droit à la «réinsertion» et ne la rendons surtout pas responsable de notre trop imprudente adulation.
Jacques Camus