Pas seulement socialiste
Publié le 26 janvier 2012 - 23:12
La bataille des programmes est bel et bien lancée. Hier matin, François Hollande a présenté son projet présidentiel à la maison des Métallos et hier soir, sur France 2, il l’a défendu devant AlainJuppé venu lui apporter une pugnace contradiction. C’est d’ailleurs assez curieusement que le ministre des Affaires étrangères a été envoyé au feu, trois jours avant que Nicolas Sarkozy ne s’adresse aux Français. Il est aussi curieux que François Hollande ait accepté cette confrontation périlleuse dont il aurait pu considérer qu’elle n’était pas de son niveau de présidentiable. Disons tout de suite que personne n’aura perdu la face dans ce duel où chacun disposait de solides arguments qui auront parfois échappé aux téléspectateurs.
On conviendra que François Hollande aura passé, après une aimable présentation, une soirée pas toujours confortable. C’est sur le volet économique de son programme qu’il aura été mis en difficulté. Notamment sur le redéploiement des effectifs dans la fonction publique avec la création de 60.000 postes supplémentaires dans l’Éducation nationale. Sans doute le poids de la fonction publique restera-t-il le casse-tête de tous les candidats.
Cela ne doit pas empêcher d’admettre que le projet présidentiel de François Hollande refuse les facilités d’antan. Il s’inscrit visiblement dans l’air du temps. François Hollande ne se risquera pas à dire, comme le fit en son temps Lionel Jospin, que son programme n’est pas socialiste mais il n’est pas seulement socialiste. C’est un programme social-démocrate qui pourrait avoir pour
devise : « promettre moins pour tenir plus ».
Il n’empêche qu’il comporte des marqueurs de gauche avec l’augmentation des impôts pour les plus favorisés, la suppression des niches fiscales (lesquelles?) et le relèvement de l’ISF. En ce sens, il s’inscrit dans l’air du temps car le sentiment d’injustice fiscale et sociale est aujourd’hui ce qui plombe Nicolas Sarkozy.
Jacques Camus