Grosse caisse et coups de symboles
Publié le 09 février 2010 - 09:10
Ce débat sur l’identité nationale, Eric Besson l’avait lancé en fanfare, à coups de grosse caisse patriotique. Il s’est conclu hier par quelques discrets coups de symboles républicains. Comme de coutume, c’est François Fillon qui, au terme d’un séminaire gouvernemental organisé à la hâte et en l’absence de huit ministres, s’est chargé de donner dans la mesure d’apaisement. Le Premier ministre qui, lui, déteste fanfaronner, a donc recadré le débat sans tambours ni trompettes. C’est dans ces moments là que l’on constate à quel point la sobriété et la «consistance» de François Fillon sont utiles à Nicolas Sarkozy. L’hôte de Matignon n’a pas son pareil pour s’acquitter des besognes ingrates. Hier, flanqué d’un Eric Besson réduit spectaculairement au silence, François Fillon a, encore une fois, fait de son mieux pour transformer un échec patent en «succès populaire». Mais si François Fillon s’est refusé à jouer les fossoyeurs, c’est peut-être, tout bonnement, parce le débat sur l’identité nationale, immédiatement biaisé, n’a jamais vraiment commencé. Tout reste à faire, en effet, sur les questions essentielles de la laïcité et de la place des religions, du communautarisme ou de l’immigration. Tout reste à faire sur les adaptations de la «France éternelle» au défi multiculturel. Alors, devant l’ampleur de ces problèmes irrésolus, les quelques mesurettes citoyennes et républicaines annoncées hier, pour donner le change, ne sont pas à la hauteur. La plupart ne font d’ailleurs que renforcer des dispositions déjà existantes. Au fond, elles ne sont qu’un hochet pour Eric Besson qu’on aimerait inviter à aller jouer ailleurs.
Jacques Camus