Un rapport propose de taxer les boissons sucrées et alcoolisées
Publié le 07 août 2008 - 09:42
Un rapport remis aux ministères de la santé et du budget préconise une taxe nutritionnelle sur les produits gras, sucrés et alcoolisés.
Un nouveau rapport de l'Igas et de l'IGF propose d'augmenter les taxes sur les boissons trop sucrées et sur les boissons alcoolisées, dans le but d'améliorer l'alimentation des Français.
Ce document conseille également au gouvernement d'appliquer une hausse de TVA sur certains aliments, comme le chocolat, les charcuteries ou les chips.
L'idée de créer une "taxe nutritionnelle", autrefois évoquée, est abandonnée dans ce rapport. Si celle-ci avait été proportionnelle aux taux de graisse, de sucres et de sel que contiennent les aliments, certains produits régionaux traditionnels, auxquels les Français sont attachés, auraient été touchés.
L'Igas et l'IGF préconisent plutôt de mettre en place une taxe additionnelle spécifique sur les boissons sucrées. Cela inciterait à la consommation de jus de fruits sans ajout de sucres, ainsi que de boissons allégées. Ils conseillent également de revoir la fiscalité sur les boissons alcoolisées, calculée en fonction du degré d'alcool, et qui ne serait pas assez prohibitive.
Enfin, dans le but d'inciter à une alimentation plus équilibrée, la TVA à 5,5% sur certains produits alimentaires, comme les charcuteries, les matières grasses d'origine animale, les chips, les biscuits secs salés, ou encore le chocolat, pourrait être revue à la hausse. Selon les auteurs de ce document, il conviendrait également d'agir sur la TVA applicable aux fast-foods et aux vendeurs de snacks à emporter.
Le rapport, remis à la fois aux Ministères de la Santé et des Finances, a pour objectif affiché de lutter contre l'obésité, ce qui permettrait à l'Assurance maladie de réaliser des économies.
Or, une telle mesure, avec pour objectif de lutter contre l'obésité, ne serait qu'un "pis-aller" selon l'association Consommation Logement et Cadre de Vie (CLCV). Dans un communiqué diffusé mercredi 6 août, elle prône la prévention par l'éducation.
Selon la CLCV, si "le produit de cette taxe est destiné à renflouer les caisses de la sécurité sociale, ce qui a de quoi séduire les pouvoirs publics", il ne s'agit pas d'une "vraie solution".
L'association de défense des consommateurs propose de "mettre en place des normes et des cahiers des charges au niveau de la production des produits alimentaires", de façon à améliorer la qualité nutritionnelle des produits proposés sur le marché.
Elle demande également à ce que l'éducation à la nutrition soit favorisée en France, rappelant que "la prévention représente moins de 2% des dépenses de santé en France".
Selon l'étude Mona Lisa, dont les premiers résultats ont été publiés en juin dernier, la moitié des Français et les deux tiers des Françaises sont en surpoids.
Source : Relaxnews